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Consultation

Lettre 1524·XXII, folios : 243 244 245
Urre, Rostaing d', seigneur d'Ourches
M. de Gordes
Lettre non liée
Date non renseignée
Montélimar
Valence
,

Transcription

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Monsieur, jay receu voz lestres du XIIIe et XIIIIe. Au reste, jay donné lallarme bien chaulde à tout le ressort de ce
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lieu, leur faisant entendre qaussi toust que la treive seroit finie, que sera pour tout aujourdhuy, quilz seront surprins des
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ennemys silz ne font meilleure guarde quilz nont accoustumé, maydant au surplus de tous les artifices que je me puis
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souvenyr pour les faire rendre plus desireus de leurs conservation quilz ne sont, ny ont erstés par ci devant dont
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lexemple des miserables les devroyt faire changer dhumeur. Cest tout ce que je puis pour ce coup pourvoyr en cest
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endroict, car je nay aulcuns moyens de leurs donner des soldatz comme ilz men demandent journellement, joint aussy
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quil y a certains lieus de ce dit ressort que je ne puis faire ouvryr sans faire abbatre des maisons des pouvres gens
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qui leurs seroit une bien grant perte, accompaignée dune manière de desespoyr ; et neanmoins, il fault couryr les fortunes
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qui en despendent comme la saysie [barré : de] que les ennemys en pourroyent faire, laquelle oultre la callomnye quelle
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ammerroyt lincommodité qui sen ensuivroyent aus lieus circonvoysins seroit imtollerable. Jay, avec la votre deuxième
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receu celle de monsieur de La Roche. Le cappitaine La Couste, present pourteur, ma particulierement discouru de lallarme
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contenu dans icelle. Il me semble quelle les [barré : dy] doyvent convyer à ce retirer à Gordes où ilz seroyent en toute asseurance. Je
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ne doubte, suyvant ladvys que monsieur de La Pierre vous ha donné, quilz sassemblent à Pontays, quil ne laye ainsin aprins
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à Guisans, mays il ce fault asseurer que silz font ung bruict, que cest tout le contrepiet du dessain quilz [barré : executeront]
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esvantent. Je nay rien qui soit entendu si le cappiteyne Collon est party de Crest pour Dye. Je masseure que son
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passaige allant audit Dye luy aura testé difficille et hazardeus ; de mesmes à monsieur de Pennes pour Crest.
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Jay bien faict responce aus consulz de Dye que vous avés leurs ville en telle recommandation que vous faictes pour
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icelle tout ce quil ce peult, et que leurs avés desparty raisonnablement des fources qui sont en votre puissance.
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Je masseure que vous estes bien attendant des nouvelles de monsieur le mareschal de Damville de toutz ceus
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qui viennent de son cousté. Je menquiers soigneusement sil ne ce parle point de prolonguation de treive, mays
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ilz ne respondent quil neny ha aulcunes nouvelles. Daultres me veulent faire entendre que mon dit seigneur
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le mareschal est si mal satisfaict des contrevantions quilz ont faict durant icelle quil ce fasche
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dentendre |barré : au] plus à aulcune prolonguation darmes et que, bien quelle ne soit, ilz ne larront de sassembler pour
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ce resouldre à la paix ou la guerre. Et quant à mon oppinion, Dieu veuille quelle ne soit vraysemblable
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[243 v°] daultant quil me semble quilz ce deslibèrent plustout à la guerre quà la paix, temoing la dilligence excessive
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de faire travailler aus fortifications des ieus quilz tiennent, par ainsin ce preparant de resister à leurs
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cources ourdinayres, attendant layde du roy pour ce metre sus loffencive ; ce seoir daultant contenter
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et soulaiger le pouvre peuple, et par ce moyen, on les ostera les moyens desquelz ilz ce prevauldront si (rien)
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ny est pourveu, principallement pour retenyr ceus de Nions où est leurs principalles fources, desquelles
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par le moyen de leurs cavallerye, ayant de ce cousté là emtrée à la pleyne, votre gouvernement serat
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plus ravaigé, car du cousté de Grenoble, pourveu quilz ne passent le Drap, comme je croys quon les empeschent,
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aysement, ilz ne leurs sauroit nuyre. Et si pour les asseurer avec tout cela, ilz ont la compaignye du seigneur
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Saincturion [Centurion]. Quant aus vivres que vous vouldrés reserver pour jouer le gros jeu en temps de necessité,
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comme il semble que leurs obstination [barré : sy preparer]vous convyer à y user de prevoyance necessayres,
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il me semble quon ne sauroit si tout retourner lequipaige pour ce metre en compaignie quil ne ce faille
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desliberer de ce servyr du renouveau sentent pour faire trotter les chevaus à faulte de pasture
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qui ont à toutz aultres vivres qui seront necessaires pour larmée, ilz y abonderont pourveu quon tienne la
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main que les marchans ny perdent. Au reste, ceus qui cognoyssent la situation des lieus où les ennemys
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sont, savent bien quil ny a moyen de norryr grant troupe de chevaus envyrons diceuls silz (nont)
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estat dy patyr et faire manger ausditz chevaus ce qui ce trouverat, pourveu que lartillerye joue à
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propos et quilz soyent bien environnées de bon nombre de gens de piet. Lendroict des lieus que les ennemys
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tiennent leurs est favorable à raison des advenuees , si bien que jestime que les gens de cheval nauront
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aultre peyne que de faire quelque guarde pour toutz evenementz. Je seroys par trop prolixe si je voulloys dire
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par le menu tout le discours que je deslibère vous faire sur cest article # [# je le remetrays] à mesme que jauray ( ??)
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destre auprès de vous, par ainsin me contenteray de vous dire que du cousté du Pontays et Espenel.
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ilz nont point de gens de cheval aussi ne sen sauroit ilz guières servir pour ainsin la guarnison de Crest
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les peult guarder de guières entreprandre sur eus ny sus leur circonvoysins, comme jespère faire par
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ce moyen de nos soldatz pour le conte d’Alleyrac et entredemmont ou ceus de Dieulefit et Poyet de Laval sest entendent ourdinayrement. May si leurs cavallerye vient du cousté de Taulignan ou de Dieulefit,
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[244] à la terre en senfournant en ceste playne, ilz y feront des butins inestimables et de grandissime impour-tance
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à ceus qui ont de necessité à faire de ceste ville en Languedoc et Provence et au Contat car, si personne
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ne leurs faict resistance, je ne doubte point quilz nempeschent que dycy au Rosne seulement [barré : ne] le chemin ne
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sera libre pour nous. Et Dieu faict si pour leurs premières cources ilz y ont quelque amource comme ilz
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seront friantz dy retourner, à quoy pour le passé ilz nont ausé hazarder, vous sachant en ceste ville
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accompaigné de quelque cavallerye, dont je veus croyre que cest la principalle occasion qui les ha jusques
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à present retenus [barré : avec] ayant leur retraicte à Dieulefit ou le Pouyet de Laval qui sont de deus grandes ou
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troys petites luees dicy ; aussy que de ce temps là, ilz avoyent occupation meilleure au Contat, de laquelle ilz sont
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frustrés pour le jourdhuy, car il ny a plus à prendre aulcun bestail, si ce nestoit la crainte que
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jay que ce dit desfault ilz ne fassent la guerre à celuy dycy et de ces envyrons. Je [barré : vous] ne vous
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feroys pas tant dinstance que je vous foys oultre les susdites considerations et affin quil vous pleut de
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ne laysser point ces quartyers despouveu de gens de cheval ; et me semble que mors que votre compagnye
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seroit toute assemblé avec layde de quelques vollontayres qui la suivrvoyent, quelle seroit bastable
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dasseurer ce cousté de dessa, quant aus aultres compagnies de gendarmes qui sont et pour le
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jourdhuy en votre gouvernement, je vous asseure, monsieur, quelles sont pour cest faict du tout
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innubtilles, tant pur les raysons con
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tenues dans la votre, desquelles javoys bien esté adverty que
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pour daultres que je ne puis escrire pour descovryr des lieus où vous avons moyen de faire
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vivre des gens de cheval, il ny a rien plus certain que deus cent chevaus vivroyent largement sis
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sepmaynes à Mirebel, allant queryr le foing à Villedieu, que ceroit oster la vollonté que les
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ditz ennemys ent de sen prevalloyr. Lon mat asseuré le semblable de Toulignan et Tulette quoy que
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le feu commisssaire despupputé [sic] pour fournyr les chevaus legiers de Savoye vous aye faict
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entendre du contrayre, vous disoint aussy quon mat asseuré quen ces ditz trois lieus, il y ha
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raisonnablement selon lexterilité de lannée des bledz et vins. Je suis contrainct de vous
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[244 v°] vous dire linstance que ceus deste ville me font de prier des genstylz hommes voysins qui ont des
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chevaus, de venyr en ceste ville pour empescher les cources quilz aprehendent que les ennemys
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y feront, ayant advis quil ny a point de gens de cheval icy aus environs craignant les mesnaiger
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de ceste ville quilz ayent empeschement à faire des transailles et quilz ne puissent aller y
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negotier leurs affaires, ce quilz extimeroyent une estreme perte, si bien quilz disent que de leurs
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particulyer moyen, ilz contenteroyent les gentilhommes voysins qui viendroyent en ceste ville pour
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y tenyr les chemins asseurées, assavoyr les sieurs de Rochefort, Percontal qui est après ha estre
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bien monté, les La Bastye, les Coursas et Marcel de Marsanne, les Escluseau de Chasteauneuf,
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Mayan, Vesc et cappitaine Choveyron de Monbouchier, le sieur de Salletes qui sest venu rendre vers moy avec
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ung bon cheval pour servyr fidellement, de mesmes le cappiteynes Cros, frère du sieur de Noucaisse et
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Blanc de Chasteauneuf de Meyans, le sieur d’Achyer de Chasteauneuf du Rosne, les Pichier d’Estoyle,
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Anssages et Allian de Crest, La Combe qui est de votre compagnie et Monery silz nestoyent avec vous,
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Sergenette et quastre qui sont à Pierrelatte, les Baruyes et le sieur de La Laupie, les deus Montault, les
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cappitaines Sainctoumet, Bonlieu, Ullicyet [ajouté : # qui sont de della le Rosne #], et aultres que je seroys trop long à les nommer, lesquelz ce trouveroyent
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montées comme le cappitaine Reparat, le frère du cappitaine Arreret et monsieur Borrelly. Nenamoins [sic], quelle prière
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[barré : quilz] que lesditz consulz mayent faict defectuer ce que dessus [barré : je ne v] par votre commande-ment,
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je leurs ay respondu tousiours et asseuré que vous seriés bien toust en ceste ville , aultrement vous
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pourvoyriés quilz auroyent icy ou en lieu qui les convoyroyent des gens de cheval, à celle fin quilz
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puissent negotyer leurs affaires. Lon mat escrit de la court du premier # [de ce moys #] que labé de Guadaigne estoit arrivé
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à la court, qui avoit layssé le roy de Polloigne dans son royaulme et que le conte Lodouvic et le conte
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[barré : Cristoph] Cristofle [barré : est] pallantin estoyent partys avec quatre mil chevaus (barré : p] reystres
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pour aller trouver le prince d’Aurange estant tousiours ces affaires en prosperité.
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Je salue voz bonnes graces par mes très humbles recommandations, priant Notre Seigneur vous donner
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monsieur, en très bonne sancté, longue et hereuse vye. Au Mon[télim]ar, ce XVe febvrier . Je ne fauldray de faire
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advertyr les voyturiers de prandre le chemin de Marsanne, Granne et Crest.
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Vostre très humble très hobeyssant filz et
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serviteur à jamays Hourche